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Association Richard Baret

L'association Richard Baret et l'institut de Breteuil
Grands cœurs et belle ouvrage

L'Association Richard Baret assure, depuis 1971, à Breteuil-sur-Iton, près d'Evreux, la gestion de l'Institut Psycho-Thérapeutique et Pédagogique, IPTP. L'Institut de Breteuil, encadré par des remarquables professionnels, permet, chaque année, à de nombreux enfants et adolescents chahutés par la vie de reprendre confiance en eux, de choisir leur voie. Rencontre avec des bâtisseurs d'espoir.

« Il y a toujours, dans notre enfance, un moment où la porte s'o uvre et laisse entrer l'avenir », affirmait Graham Greene. On ne peut s'empêcher, en franchissant le portail de briques rouges de l'Institut Psycho-Thérapeutique et Pédagogique de Breteuil-sur-Iton, dans l'Eure, de songer à cette image puissante d' une enfance recouvrant, à la faveur de rencontres heureuses, ses droits à l'espérance. Derrière le portail, s'étend le parc de dix hectares : un vaste verger, des arbres séculaires, une prairie pour flâner, un terrain de jeux et une belle demeure qui porte encore le blason de ses anciens propriétaires, contemporains de Victor Hugo. Les classes, les ateliers et les bâtiments qui abritent les chambres des enfants sont répartis en bordure du parc où s'élève une tour Eiffel réalisée par les élèves : le symbole de leur lien sentimental avec Paris.

Avant de disparaître, Richard Baret, maire du 17ème, avait projeté, en 1969, de créer, sur le site des colonies de vacances de l'arrondissement, en partenariat avec l'Education nationale, un établissement destiné à former des enfants confrontés à de sérieuses difficultés d'insertion dans les filières scolaires classiques. M. Perrault, son adjoint devenu maire, accomplit, en 1971, le vœu de son prédécesseur en fondant l'Association Richard Baret. Présidée par Monique Courcelle, ancienne inspectrice de l'E ducation nationale et épouse de Francis Courcelle, adjoint au maire chargé de l'Intercommunalité, cette remarquable association gère l'I nstitut de Breteuil-sur-Iton ainsi que deux services d'éducation spécialisée et de soins à domicile, l'un à Breteuil et l'autre à Saint-André-de-l'Eure.

Des parcours chahutés

Pudeur, humilité et patience : trois vertus que l'on explore au fil des conversations avec les enfants et l'équipe éducative, enseignants de l'IPTP de Breteuil-sur-Iton. Ici, sont accueillis des êtres jeunes, parfois meurtris, souvent chahutés par la vie, qui subissent des parcours dont il faut corriger l'injustice originelle : la souffrance infantile. Des situations douloureuses concentrées là, trop lourdes pour des épaules de gamins ou d'adolescents. 73 jeunes, précisément, de 7 à 17 ans, dont 80 % de plus de 12 ans, réapprennent, à l'IPTP, les bases d'une vie équilibrée en s'adaptant au rythme de l'internat ou du semi-internat. Dès qu'il entre, l'enfant est pris en charge par une équipe qui comprend des enseignants, des éducateurs et des psychothérapeutes.
Bernard Stoque dirige, depuis 1979, l'Institut avec tact, humanité et vigilance. « L'aspect éducatif, souligne-t-il, est la pierre angulaire de notre travail. Nous gardons les jeunes en moyenne 4/5 ans jusqu'à la sortie avec un contrat d'a pprentissage. Sans l'Association Richard Barret, nous n'existerions pas. » L'établissement est considéré comme un lieu de transition. « Nous essayons d'envisager avec l'enfant et sa famille l'a ction à entreprendre pour réaliser sa sortie dans les meilleures conditions et le plus rapidement possible, poursuit Bernard Stoque. Il s'agit de maintenir une unité entre la scolarité, la rééducation, la famille et, plus globalement, la vie extérieure. Il faut amener l'enfant à se considérer responsable de son propre devenir, et l'aider à grandir. » L'éducateur référent de l'e nfant, qui mène cette action, en est responsable depuis son entrée à l'institut jusqu'à sa sortie. « Nous voulons offrir à l'enfant un lieu de vie épanouissant, sécurisant et permettre ainsi l'émergence de ses potentialités, explique Monique Courcelle. Un lieu où les intérêts de l'enfant vont être reconnus et valorisés. » L'internat permet d'établir une coupure avec un milieu pathogène, de mettre une distance entre la famille et l'e nfant. Dans cet espace ouvert, les élèves peuvent se libérer de leur situation d'échec. La philosophie du projet de Breteuil repose sur la conquête de l'autonomie. « L'institut, assure Bernard Stoque, peut permettre à l'enfant d'exprimer son mal de vivre, non dans le passage à l'acte mais par la parole. » L'activité de l'é tablissement est organisée autour de six groupes de vie de 10 à 12 enfants, dont un groupe d'adolescents davantage tournés vers la perspective de la sortie, c'est-à-dire les stages et le futur emploi. Grâce à la convention avec l'Education nationale, le fonctionnement des classes est assuré par des enseignants spécialisés.

Reconstruire

Eric Levitre, né près de Breteuil, au bord de l'Iton, est directeur de la pédagogie. « La difficulté nous intéresse », avoue-t-il. Chaque élève qui sort de l'établissement obtient un certificat de formation générale. L'objectif, pour les enseignants, c'est l'accès à l'a pprentissage et au CAP. Un niveau équivalent à celui du début du collège. « Nous essayons de coller au premier niveau des CFA, indique l'enseignant. Quand le jeune arrive au CFA, il faut qu'il soit familiarisé à la vie sociale et professionnelle. Il faut éviter une fracture. Le but, c'est de les reconstruire. Notre école doit fonctionner comme une vraie école. Nous avons des exigences. » Un enseignement conçu sur-mesure : « Chaque enfant a un emploi du temps adapté. Il partage sa journée entre la classe, les ateliers et le sport. L'objectif, c'e st d'être concret, pratique. » Les maîtres d'ateliers, dont l'a ctivité est coordonnée par Eric Morin, initient les jeunes au travail du bois, du fer, et des métiers des espaces verts afin d'a ssurer un débouché vers les stages en alternance et des contrats d'a pprentissage. Tous leurs travaux, dans les ateliers de menuiserie ou de la métallurgie, témoignent de réelles capacités professionnelles chez les jeunes.

Le sport joue également un rôle central dans la vie des élèves. Roland Mercier, le professeur d'éducation physique, s'en félicite. « Ils peuvent être excellents mais il faut leur transmettre la maîtrise d'eux-mêmes. Nous leur apprenons à surmonter leurs appréhensions, à dépasser leurs peurs. Regardez toutes ces coupes : nous sommes souvent les mieux placés dans l'académie d'Evreux dans des sports comme la natation ou la course à pied. » Damien Poulain, autre persévérant qui épaule le travail de Bernard Stoque depuis 26 ans, est en charge du volet psychothérapeutique. « On peut de moins en moins faire du collectif, reconnaît-il. Toute l'équipe supervise le projet éducatif car il s'agit d'une scolarisation adaptée. Il faut assurer le lien entre les différents aspects de la formation et assurer aussi une sécurisation suffisante dans la vie au quotidien. » Dans le sillage de Pierre Rémond, ancien député-maire du 17ème, les Lions du 17ème sont devenus de fidèles soutiens à l'Association Richard Baret. « Ils nous aident considérablement », précise Monique Courcelle qui, depuis 1998, consacre elle-même toute son énergie et ses compétences à assurer la pérennité de l'IPTP. En recevant, le 7 mars dernier, des mains de Francis Courcelle la médaille de chevalier de l'Ordre National du Mérite, en présence de Françoise de Panafieu, à la mairie du 17ème, Bernard Stoque rappela que les jeunes passés à Breteuil « qualifiés de difficiles, voire de très difficiles, n'en sont pas moins attachants ». « Sans leurs attentes, sans leurs regards, sans leur réussite parfois, la force m'aurait peut-être manqué », confia-t-il.

L'esprit de solidarité qui a généré l'œuvre de longue haleine de toute l'équipe dirigeante de l'Institut de Breteuil est le produit d'une culture de l'écoute, de l'attention aux autres, de la confiance réciproque. « L'essentiel dans l'éducation, écrivait Renan, ce n'est pas la doctrine enseignée, c'est l'éveil. » Cette ambition continue d'irriguer toutes les initiatives de l'IPTP.

 
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